On les dit faciles. Elles se découvrent au soleil couchant. Ce sont celles d’un soir, celles dont on s’empare à peine dévoilées. Lorsque la nuit s’avance, elles s’effacent en nous laissant comme un goût d’encore, un frisson doux-amer, une envie de fermer les yeux et d’y revenir. Les souvenirs qu’elles nous laissent nous accompagnent parfois secrètement jusqu’à notre dernier jour.

« Celles d’un soir » sont des nouvelles, de celles qui prêtent à rêver. Conçues en une soirée ou bien destinées à être lues dans ce même délai, ces histoires ont été imaginées pour vous par 15 auteurs de tous horizons, montés à bord de ce bateau certes un peu ivre mais à la destination très précise, cher lecteur : les portes de votre sommeil.

Francis Guthleben est l’auteur de la nouvelle intitulée : « Un parfum d’immortelle ». Une femme, deux hommes vingt-quatre heures, dans le huis clos d’un hôtel de Bastia prisonniers de leur silence pour un miroir tendu sur nos existences. La vérité est rarement celle que l’on croit.

Retrouvez une interview vidéo de Francis Guthleben autour de cet ouvrage. C’est ici…

Editions Atine Nenaud – 2017

Un extrait

Les mots qui ne sont pas dits sont les plaies de l’instant et les poisons de l’éternité. D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été meurtri par les liens du verbe, malmenés, vrillés, déchiquetés ou rompus.

En franchissant le seuil de l’Hôtel des Gouverneurs à Bastia, ce 4 septembre 2017 à onze heures, je suis happé par un homme et une femme. Il a la quarantaine. Elle a la soixantaine. Ils s’échangent des regards d’attention et de désespérance. Ils sont pris dans la glace, incapables de briser leur enfermement.

Leurs silences assourdissants résonnent dans le hall. Leurs non-dits fusent, tournoient dans les airs et se fracassent contre les murs en lettres disloquées. Du regard j’en ramasse les débris. Je les remets dans l’ordre par la pensée. Ils peuvent élever, enflammer ou encombrer selon la manière dont on les lie. Je colle chaque pièce sur une feuille de papier imaginaire et forme une liasse que je glisse dans la poche droite de mon veston.

Me voilà encombré de mots qui ne sont pas prononcés par des inconnus alors que je suis venu ici pour chercher la juste place des mots exprimés. Pour certains c’est une ironie du destin, pour moi c’est la métaphysique de la vie. Elle est présente aux quatre coins de nos existences, mais nous ne l’entendons pas ou ne voulons pas l’entendre de peur qu’elle puisse dire vrai.

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